Ce qui m’anime

Lorsque j’étais enfant, je croyais à l’amour.

Je ne parle pas de l’amour romantique, mais de cette force qui nous attire les uns vers les autres, nous transforme et nous fait grandir ou souffrir.

Certaines personnes trouvaient cela naïf. Peut-être l’étais-je.

En grandissant, j’ai peu à peu découvert combien nos blessures, notre histoire et nos peurs influencent notre manière d’être en relation avec nous-mêmes, avec les autres et avec le monde. Je ne savais pas encore que cette question de la rencontre allait un jour devenir le cœur de mon métier.

Devenue Gestalt-thérapeute, j’ai été frappée par notre faculté à faire émerger du sens là où il semblait ne plus y en avoir, à inventer de nouveaux chemins lorsque les anciens deviennent impraticables et à retrouver parfois davantage de présence, de liberté ou de joie là où nous ne voyions que des limites.

C’est l’une des raisons pour lesquelles j’aime profondément ce métier.

Cette pratique m’a permis de développer des compétences d’écoute et de compréhension, de présence et d’accompagnement du changement. J’ai appris à reconnaître les résonances que certaines situations éveillent en moi et à les utiliser avec discernement lorsqu’elles peuvent éclairer le processus thérapeutique.

Concrètement, mon travail consiste à comprendre ce qui se joue dans l’expérience d’une personne, dans son histoire et ses relations ; à repérer les liens qui unissent son histoire, ses émotions, ses relations et son expérience présente afin d’en faire émerger le sens ; à rencontrer l’autre dans sa singularité, à travers les mots, mais aussi à travers les sensations corporelles, les silences et ce qui émerge dans la relation thérapeutique ; et à accompagner les mouvements de transformation qui permettent peu à peu d’élargir les possibilités de choix, de liberté et de présence à soi-même.

Je suis souvent attentive à ce qui se passe entre nous au fil des séances, car la relation thérapeutique permet de rendre visibles certaines façons d’être, les ajustements que nous avons développés au cours de notre histoire, mais aussi les impasses ou les évitements qui peuvent limiter notre liberté de choix.

Deux compagnons de route nourrissent ma pratique : l’écriture et le vivant.

L’écriture m’a appris que certains chemins s’ouvrent lorsqu’on accepte de suivre une image, une émotion ou une phrase inattendue.

Les animaux m’ont enseigné, au-delà de toute formation, l’essentiel : l’amour, la joie et la présence à ce qui est. Je crois que la Gestalt n’est jamais très loin de cela.

Je continue à me former, à être supervisée et à questionner ma pratique, afin de préserver ce qui me semble essentiel : la curiosité, l’ouverture et la créativité.

Au fond, il m’arrive aujourd’hui de penser que la petite fille que j’étais n’avait pas tout à fait tort. Ce qui m’anime est resté étonnamment proche de ce qui m’habitait enfant : cette conviction que les liens ont le pouvoir de nous transformer.