Le Brainspotting
Ma rencontre avec le Brainspotting est née de ma pratique de l’EMDR.
Il m’arrivait parfois d’observer que, tandis qu’une personne parlait ou retraitait un souvenir difficile, son regard semblait se fixer spontanément à un endroit précis de l’espace. Comme si quelque chose s’arrêtait là.
À l’époque, j’avais appris à poursuivre les mouvements oculaires et à ramener l’attention vers le protocole.
Puis un jour, j’ai découvert les travaux de David Grand.
En le lisant, j’ai eu le sentiment de trouver un pont entre deux univers qui me sont chers : le travail des traumatismes tel que je l’avais découvert avec l’EMDR et l’attention à l’expérience vécue propre à la Gestalt-thérapie.
Le Brainspotting est né en 2003 d’une observation simple. David Grand remarqua qu’une patineuse artistique suivie en thérapie fixait toujours le même point dans l’espace lorsqu’elle évoquait une difficulté importante. Au lieu de poursuivre le mouvement comme il l’aurait fait en EMDR, il l’invita à rester en contact avec ce point précis du regard.
Quelque chose se déploya alors.
Cette expérience donna naissance à une idée devenue centrale dans le Brainspotting : « Là où vous regardez influence ce que vous ressentez. »
Le Brainspotting part de l’idée que certaines expériences restent inscrites profondément dans notre organisme, parfois au-delà des mots. En portant attention à un point particulier du champ visuel, il devient possible de retrouver des ressentis, des émotions ou des souvenirs qui demeuraient jusque-là peu accessibles.
Au cours d’une séance, nous identifions ensemble ce qui préoccupe la personne ainsi que les ressentis corporels qui l’accompagnent. Nous recherchons ensuite une position du regard qui semble entrer en résonance avec ce qui est vécu intérieurement.
Il ne s’agit pas de chercher à comprendre, d’analyser ou de forcer quoi que ce soit.
La personne est invitée à observer ce qui se présente, dans un climat de présence, de sécurité et d’écoute. Des souvenirs peuvent émerger, des émotions se transformer ou simplement laisser place à davantage d’apaisement.
Comme pour l’EMDR, ce chemin peut parfois être exigeant. Mais chacun reste libre de ralentir, de faire une pause ou de s’arrêter lorsque cela est nécessaire. Le travail se construit dans le respect du rythme et des ressources de la personne.
Ce qui me touche particulièrement dans le Brainspotting est l’importance donnée à la relation thérapeutique. La qualité de présence, l’accordage entre le thérapeute et la personne accompagnée, ainsi que l’écoute du corps occupent une place centrale dans le processus.
Au fil de ma pratique, j’ai souvent observé combien cette approche permet de mettre en lumière des dimensions de l’expérience qui demeuraient difficiles à explorer par la parole seule.
Le Brainspotting ne cherche pas à expliquer davantage ce qui s’est passé. Il offre un espace où l’organisme peut reprendre un mouvement naturel d’intégration et de transformation.
